La logique de la sculpture d’Éléna Salah reste inséparable de celle du monument et de ses valeurs commémoratives. L’acte de transmission, de mémoire, prend toute sa dimension avec Le Symptôme du sarcophage qui se compose de trois fontaines. Entre enfouissement et écoulement, chacune fait référence à un mémorial existant et en reprend l’enveloppe, celui du Cretto donc, non reconnu, celui de Rivesaltes dans les Pyrénées-Orientales, l’officiel, et celui de Tchernobyl en Ukraine, érigé malgré lui.

Dans cette installation, le volume vide des sarcophages retournés, expression de la perte à l’œuvre et de l’image impossible à voir, devient le réceptacle de l’eau qui coule en continu, évoquant aussi bien la mort que la vie, la destruction que le renouveau. Dans un équilibre parfait qui s’appuie sur la ligne d’eau, l’esthétique du symptôme s’incarne ici en une évocation créatrice et un corps testament, pour partager cette vérité mortelle, ce fond de catastrophe qui menace toute vie, et permettre ainsi de faire l’expérience de la communauté.

Céline Mélissent - Frac Occitanie Montpellier

Le Symptôme du Sarcophage
Fontaines, métal, pierres, céramiques, 2020
Aide à la production, Région Occitanie

 

Résidence et exposition personnelle  La Résilience des Lieux
à La Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon.